Africa Lifestyles
Actualité, Culture, Tourisme, Lifestyle

Balmain: Olivier Rousteing casse les codes bourgeois dans un défilé à Paris

995

Orphelin grandi à Bordeaux chez ses parents adoptifs, le créateur de Balmain Olivier Rousteing, au centre d’un documentaire en lice aux César – les Oscars français – casse les codes bourgeois dans un défilé vendredi à Paris.

Le style équestre classique, motifs de foulards BCBG, des soies et des cachemires déclinés en couleurs cognac et bleu foncé: les symboles de la couche sociale riche et privilégiée que le styliste de 34 ans a connus, enfant, dans l’une des plus bourgeoise des villes françaises, sont détournées dans cette collection du prêt-à-porter.

Epaules imposantes et cuissardes, le mélange criard du rouge et du noir avec de gros boutons dorés: la collection renvoie à la fin des années 80 évoquant le vestiaire de Pretty Woman, interprétée par Julia Roberts dans le film de Garry Marshall sorti en 1990.

“Nous avons renversé les vieux codes restrictifs des générations précédentes pour défendre les valeurs d’aujourd’hui de Balmain et la belle diversité d’une France vraiment moderne”, écrit Olivier Rousteing dans une note d’intention du défilé.

Helena Christensen, mannequin d’origine danoise et péruvienne de 51 ans, en combinaison pailletée couleur chocolat rehaussée d’une mono-boucle d’oreille en forme de scorpion et l’Espagnole Esther Cañadas, 42 ans, en tailleur noir aux boutons argentés, ont foulé le podium pour le “Wonder Boy”, titre du documentaire sur Olivier Rousteing à quelques heures de la cérémonie des César.

Mi-Ethiopien, Mi-Somalien, 100% Français

Petit garçon noir “né sous X”, adopté par une famille bordelaise blanche à l’âge de 1 mois, Olivier Rousteing raconte dans ce film la recherche de ses parents biologiques.

“Ceux qui ont vu le film savent ce que j’ai appris sur mes origines”, écrit Olivier Rousteing dans un message personnel et touchant à l’occasion du défilé.

“En sachant que je suis mi-Ethiopien, mi-Somalien et 100% Français, je sais que ma recherche de réponses sur mon passé m’a aidé à comprendre à quel point je suis heureux de vivre dans le présent, dans ce Paris de nouvelles possibilités avec moins de barrières et plus d’inclusion”, souligne-t-il.

Le parcours d’Olivier Rousteing qui s’est battu pour “briser son karma” et avoir du succès a de quoi inspirer: diplômé de l’École supérieure des arts et techniques de la mode à Paris, il fait ses débuts à Rome auprès de Roberto Cavalli et en 2011 à 25 ans il devient directeur artistique de la marque historique du luxe française.

Latex

Avec ses 5,8 millions d’abonnés sur Instagram où il poste des selfies avec Kim Kardashian ou Rihanna, il rajeunit et dépoussière la maison fondée en 1945.

Ses défilés, glamour et pétillants, attirent des stars de la culture pop, actrices et joueurs de foot, mais il a aussi fait des costumes de scène pour l’opéra de Paris et pour Beyoncé.

Ce vendredi il rend hommage à l’héritage de Pierre Balmain avec la silhouette “Jolie Madame” et l’iconique blazer à six boutons. Vient ensuite l’innovation de la saison: des pantalons et des hauts plissés et drapés en latex pour une “sensualité surprenante”.

Le matériaux a le vent en poupe ayant déjà composé la majorité des looks d’un autre poids lourd, Saint Laurent, associé au cachemire. Le styliste Anthony Vaccarello a ainsi voulu créer la tension entre “bourgeoisie et vulgarité”.

“Balmain et Saint-Laurent sur la même page avec du latex. Qui aurait pu l’imaginer?”, commente dans un tweet la critique de New York Times Vanessa Friedman.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.