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Covid-19: Le secteur touristique malgache tente de tenir face à la crise

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Les opérateurs touristiques à Madagascar prédisent l’hécatombe des « petits acteurs touristiques », ces petits hôteliers, restaurateurs ou tours opérateurs, qui n’auront pas pu résister à la crise. En attendant des jours meilleurs, chacun résiste donc à sa manière et se prépare au retour, aussi lointain soit-il, des touristes.

En 17 ans d’existence, le tour opérateur « Always Madagascar » n’avait jamais eu autant de réservations que pour 2020. Covid-19 oblige, 90 % de ses circuits ont été annulés. Mais plusieurs clients ont d’ores et déjà annoncé qu’ils reportaient leur voyage en 2021. Une bouffée d’oxygène pour Solofo Rakotondrabesa, co-fondateur et chauffeur guide de l’agence, qui profite de cette pause forcée pour faire du repérage en vue de la prochaine saison.

Un temps mort pour faire du repérage

« Les tarifs des bungalows double », demande-t-il. « 50 000 ariary », lui répond-t-on. « Ce sont des chauffe-eau solaires ? Moustiquaires à tous les lits ? », continue-t-il. À ces deux questions, le propriétaire des lieux acquiesce.

« Je viens de faire une reconnaissance d’un hôtel qui se trouve à Farafangana, un hôtel qui doit exister depuis longtemps mais qu’on ne connaissait pas, pour voir si ça peut convenir à nos clients, explique Solofo Rakotondrabesa. Je compare, je visite les chambres, je demande les tarifs. En fait, je note tout, je prends des photos des chambres, des sanitaires, du menu, et à partir de là, je proposerai aux clients et ils me diront s’ils souhaitent faire étape-là. »

Pour le Président du conseil d’administration de la Fédération des Hôteliers-Restaurateurs de Madagascar, Johann Pless, également propriétaire de plusieurs établissements touristiques, les assouplissements de ces dernières semaines ont révélé de nouvelles réalités.

« Les mesures de déconfinement et la levée du couvre-feu à Tana et sur le territoire national nous ont aidés à remettre la lumière dans les différents établissements CHR, “Cafés-Hôtels-Restaurants”. En revanche, on constate que la clientèle n’est pas au rendez-vous que l’acte d’achat et le panier moyen ont énormément baissé et que notre clientèle n’est pas forcément apte à sortir aussi souvent qu’avant et à dépenser autant qu’avant le Covid. »

Résistance

Aujourd’hui en survie, ces hôteliers et restaurateurs mènent un nouveau combat : obtenir notamment une prise en charge des factures d’eau et d’électricité des mois d’avril à octobre.

« Beaucoup nous disent : “Quand on est en pleine crise, c’est là qu’on peut innover.” Je ne suis pas du tout d’accord avec cette manière de voir les choses. Je pense que quand on est en train de détruire de l’emploi, en train de perdre toutes nos économies, nos trésoreries, qu’on doit s’endetter et qu’on n’a pas de soutien financier de la part de l’État, ce n’est pas le moment où l’on peut se réinventer, ce n’est pas vrai. Là, nous sommes en phase de résilience. De résistance, surtout » conclut-il.

Si l’État a accordé des reports d’échéances fiscales, patronales et sociales au « secteur tourisme », il ne lui a en revanche concédé aucune aide financière directe. Et ce malgré les 650 millions de dollars d’aides versées par les bailleurs internationaux, au plus fort de la pandémie.

Les vols internationaux viennent de reprendre début octobre à destination uniquement de Nosy Be. La date d’ouverture totale des frontières du pays reste elle, un mystère soigneusement entretenu par le chef de l’État.

Source: RFI

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