Exposition de l’artiste et écrivain Youssef Wahboun à l’Institut français de Rabat du 30 octobre au 22 novembre

Entre le 30 octobre et le 22 novembre 2019, Youssef Wahboun expose ses peintures récentes à la galerie de l’Institut Français de Rabat. Intitulée par antiphrase « Le monde va tellement bien », une série de 20 techniques mixtes sur toile et sur bois met en scène le calvaire existentiel de l’homme contemporain, voué autant aux tourments de la chair qu’à l’inquiétude de l’esprit, piégé dans un monde acculé à s’accoutumer au mal.

Trois textes accompagnent les œuvres du peintre dans le catalogue. Dans le premier, le plasticien Mohamed Rachdi met l’accent sur le lien que les toiles de Wahboun établissent avec le regardeur par le biais de leur corporéité : « Une infinité d’histoires peuvent se tisser dans les peintures de Wahboun. Mais la texture de l’œuvre n’est pas un texte codifié porteur de signes à décrypter mentalement, dans une posture contemplative et méditative. La texture picturale appelle l’épreuve effective, sensuelle, du cops du spectateur se mouvant devant la peinture entre écart et proximité. »

Quant au critique d’art Olivier Rachet, il est sensible à l’ambiance kafkaïenne où évoluent les créatures de l’artiste : « Ces personnages vivent surtout sous la menace de ces objets du quotidien qui sont autant d’instruments de torture potentiels nous dépossédant du fil de nos existences. » Dans le dernier texte, Mohammed Cherkaoui, chercheur en arts visuels, interroge la signification du corps dans l’art du peintre : « Le corps évoque l’impossibilité de toute consolation, car il devient une allégorie de la pénibilité de vivre et incarne l’inénarrable frilosité de l’âme séquestrée dans une carcasse en perpétuelle décadence. »

Né à Rabat en 1968, Youssef Wahboun est écrivain et poète. Il est notamment l’auteur d’un roman, Trois jours et Le Néant  (2013) et d’une suite poétique, Les Hommes meurent mais ne tombent pas (2015), inspirée de l’univers artistique de Mahi Binebine et récemment adaptée en pièce de théâtre chorégraphique par la troupe Corpscène. Il a soutenu deux thèses universitaires à mi-chemin entre l’histoire de l’art et l’esthétique comparée, disciplines qu’il enseigne à l’Université Mohammed V de Rabat, où il dirige également un Atelier d’Ecriture et de Recherche sur l’Art au Maroc et Ailleurs (AERAMA).

Membre de l’Association Internationale des Critiques d’Art (AICA), il donne régulièrement, au Maroc et à l’étranger, des conférences sur les rapports entre littérature et arts visuels et notamment sur l’art contemporain au Maroc. Artiste peintre, il a exposé au Maroc et en Angleterre entre 1993 et 2016. Sa dernière exposition individuelle remonte à 2004.

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