Gradur, le rappeur de Roubaix sort de son long silence

Gradur, le rappeur de Roubaix sort de son long silence

Après un long silence, Gradur retrouve ses “shegueys” – c’est ainsi qu’il désigne les jeunes des rues – dans son album “Zone 59”, avec un gang d’invités prestigieux. 

Pour son retour, l’artiste originaire de Roubaix (Nord) réunit sur son album une équipe de rappeurs phares, de Gims et son frère Dadju à Niska, Alonzo, Ninho et le “sauvage” Kalash Criminel. Des cadeaux en or pour cet artiste qui fête ses 29 ans le 29 novembre, jour de la sortie du disque.

L’ex-militaire a explosé en 2015 avec le phénomène trap (paroles crues, rythmes synthétiques) se classant N°1 des ventes avec son premier album, “L’homme au bob”. Et il vient de dépasser les 700 millions de vues sur Youtube. 

Alors que certains rappeurs catapultent plusieurs albums par an, l’artiste n’a pas fait de titre en solo pendant près de trois ans, a mis ses affaires en ordre, est devenu père d’une petite fille. 

“Pendant cette période j’ai tout quadrillé, maintenant je peux ne penser qu’à la musique. J’avais oublié à quel point je l’aimais”, lance Wanani Gradi Mariadi, de son vrai nom, lunettes à branches en Kalashnikov sur le nez. “Je suis fier d’avoir repris. Je ne pensais pas pouvoir refaire un album”.

“Je vivais plus pour les gens que pour moi, et j’ai appris qu’il fallait d’abord penser à soi, et à sa famille”, décrit Gradur, sans plus d’explications.

“Zone 59” creuse le sillon de la trap que Gradur a contribué à rendre dominante en France: il raconte la vente d’herbe “everyday”, les mélanges vodka-jus de bissap, les femmes modelées sur la rappeuse américaine Cardi B. 

“C’est de la musique pour le kiff, pour se motiver quand on va au sport”, explique Gradur. Une violence mise en scène? “Non, c’est des choses qu’on ressent au fond de nous. C’est ce que j’ai vécu, c’est ce que mes potes vivent. C’est dit dans des termes assez crus, mais c’est nos vies”.

Ballade R&B

“Zone 59” est aussi pensé pour les boîtes de nuit, à l’image du deuxième single de l’album, sorti vendredi, avec la star montante Heuss l’enfoiré (“Ne reviens pas”). Il tente aussi de soulever les dancefloors avec les deux stars Gims et Alonzo sur “Rolling Stones” (“on éteint les lumières, les bouteilles arrivent, mamma mia”). 

“J’aime bien le rap dur, mais j’aime tout”, précise Gradur. “Dans un album (…) il faut montrer que t’as évolué, que t’es un artiste capable de chercher des choses, sortir de ta zone de confort”

Sur “1er contact”, il chante avec le prince du R&B Dadju une ballade sur une femme qui “après minuit en redemande”. Il parle aussi à un “petit frère”, comme en réponse au tube d’IAM: quand le “petit frère” tourne mal, le grand Gradur lui rappelle que “la vie on n’en a qu’une, donc enlève ton doigt de cette gâchette”.

Avant le lancement de son album, l’artiste a passé quelques jours en République Démocratique du Congo, d’où viennent ses parents. Il veut y lancer des centres d’accueil pour les “shegueys”, les jeunes qui vivent dans la rue.

Le titre de l’album, “Zone 59”, est aussi un clin d’oeil à la ville dans laquelle il a grandi. “J’habite pas trop loin, je n’ai pas changé, j’y suis toujours bien accueilli”, raconte Gradur. “J’essaie de faire plein de choses avec les jeunes. On monte des studios. Le quartier nous a donné beaucoup de force, on doit lui rendre”.

Après un BTS en commerce et trois ans à l’armée, Gradur avait été le premier étonné du succès de son premier album, et concède que “ce ne sera peut-être pas comme avant”. “Si je fais 3 ou 4.000 ventes ça me fera toujours plaisir”, lance-t-il. Et s’imagine bien reconverti dans la direction artistique ou le cinéma.

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