Kalash sort "Diamond Rock", un album aux featurings carabinés

Kalash sort “Diamond Rock”, un album aux featurings carabinés

Dancehall vocodé, trap créole et reggae à papa: le chanteur martiniquais Kalash décharge l’étendue de son répertoire dans son cinquième album, “Diamond Rock“, qui détone par ses featurings de premier choix.

Outre les participations de Satori et Mavado, MS Banks, Crayon et Dadju, sa collaboration la plus ronflante concerne le roi de la trap, Gucci Mane, sur le morceau “Flair”.

“Ça s’est fait par hasard” sourit le Martiniquais, qui a “croisé” deux des producteurs de l’américain, avenue Montaigne. “On a le même amour pour la trap et un rapport aux bijoux, au +bling+, c’est le lien entre la rue et la musique, c’est trash mais c’est de la poésie”.

Il reforme son duo avec le rappeur belgo-congolais Damso, pour les morceaux “Praliné” et “JTC” : “On a une vraie relation d’amitié. On a même enregistré sept ou huit morceaux qui ne sont pas encore sortis”. Ensemble, ils ont réalisé “Mwaka Moon”, leur morceau le plus visionné sur YouTube (230 millions de vues depuis sa sortie en 2017).

On retiendra la présence de l’encagoulé Kalash Criminel pour “Polémique”, un morceau sur le néo-colonialisme. “Ça nous faisait marrer de rassembler les deux Kalash, car les gens disent qu’on a un contentieux par rapport à nos noms” rigole l’Antillais. “C’est un rappeur qui dénonce les discriminations, je savais qu’il allait rentrer dans le moule trap hardcore du morceau, mais aussi qu’il allait amener un message”.

– Retour aux sources –

C’est au pied du Rocher du Diamant, petite île du sud-ouest de la Martinique, qu’a été finalisé “Diamond Rock”. “On a quitté les studios, j’étais juste assis sur un lit avec un micro” raconte l’auteur de “Mada” (surnom de la Martinique, NDLR), le titre phare de l’album. “Ailleurs, je n’aurais pas commencé le morceau par +Je suis un négro de Mada+”, estime l’ancien gamin des quartiers difficiles de Fort-de-France.

Si certains titres sont chantés en partie en créole (“Divine”, “Ghetto Life”), l’album n’est pas qu’un retour aux sources. Le MC au visage tatoué a mis ses saccades trap et son dancehall vocodé au service de titres moins orientés dancefloor que ceux de “Mwaka Moon”, son dernier album disque de platine en 2018. 

Il laisse une belle place aux chansons d’amour (“Conséquences”, “Nossa”, “Elvira”) ou mélancoliques (“Sacrifice”, “Maria”), et pose sa voix grave sur le tempo décalé de “Jah”, morceau respectant les codes du reggae classique, à peine trahi par quelques touches de vocodeur.

L’artiste de 31 ans, qui a publié son premier album en 2010, explore les thèmes de la célébrité et de ses conséquences, comme dans “Salam” : “Certains seraient près à tuer pour vivre quelques nuits dans ma peau/Mais ils seraient surpris du poids que portent mes épaules”. 

“On pense que les artistes mènent la vie qu’ils montrent sur Instagram, mais je ne vais pas montrer que je pleure en boule dans ma chambre ou que mes enfants me manquent” explique l’homme au 1,1 million d’abonnés sur le réseau social, et selon lequel ses problèmes, “de santé” ou “judiciaires” peuvent être “décuplés” par la célébrité.

Kalash entamera une tournée en France à partir de mars 2020 et sera sur la scène de l’AccorHotels Arena le 23 septembre. On le retrouvera aussi sur le futur album d’IAM qui sort le 22 novembre prochain.

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