Actualité, Culture, Tourisme, Lifestyle

Trois questions à L’artiste franco-marocaine Anilore Banon

427

L’artiste franco-marocaine Anilore Banon lance le pari fou d’envoyer vers la Lune une sculpture participative.

La MAP s’est intéressée à son projet et a réalisé une interview avec elle pour percer le mystère de «Vitae» (La vie), cette fleur vivante que la sculptrice veut dédier à l’humanité tout entière.

Vitae a la forme d’un cocon qui se referme le jour et s’ouvre la nuit, découvrant des silhouettes de personnages stylisés symbolisant l’Humanité. Un point lumineux devrait être visible à des moments choisis depuis la Terre avec un télescope basique.

Œuvre participative, Vitae emportera avec elle les empreintes d’un million de mains de Terriens, qui seront gravées sur la corolle.

Pourquoi avoir choisi la Lune et pas un coin de la Terre pour y installer votre œuvre ?

La Lune est un espace universel par excellence. Dans cet esprit, je rassemble un million d’empreintes des mains à travers le monde, de personnes anonymes autant que célèbres : prix Nobel de la Paix, astrophysiciens…gravées sur la sculpture parce que la main symbolise le geste, le don et le partage.

Ma sculpture est conçue pour s’ouvrir et se refermer au rythme du jour et de la nuit uniquement grâce aux variations de l’énergie solaire. Pour l’installer je me suis mis en quête d’un lieu qui refléterait la philosophie universelle et humaniste du projet. Il fallait un lieu qui parle à tout le monde de la même façon, à toutes les générations, à toutes les cultures. En fait, il fallait s’élever pour mieux nous retrouver. La Lune est à mon sens le meilleur endroit pour parler à l’humanité tout entière. Un lieu magique, fédérateur, qui nous émancipe de nos carcans millénaires. Mes échanges aux États-Unis avec des ingénieurs de la Nasa m’ont confirmé que ce projet sur la Lune était réellement envisageable.

En quoi consiste le projet Vitae techniquement ?

Ce projet, que j’ai lancé depuis déjà 7 ans est conçu sous forme d’une fleur qui se referme pendant la journée et s’ouvre la nuit. Des matériaux à mémoire de forme, le Nitinol et du Kapton pour la corolle, ont été choisis pour confectionner cette fleur spatiale. Ils ont la caractéristique d’être adaptés à l’environnement lunaire et le Nitinol a la particularité de réagir à la température. Il permet à Vitae de s’ouvrir et de se refermer simplement en fonction des variations de température sur la Lune.

Dans ce projet, la science et l’art se sont réunis pour donner vie à une œuvre de Paix. J’ai toujours été animée par cette pensée d’Einstein «l’Art et la Science sont les plus efficaces messagers pour la Paix».
Est-ce que vous avez réfléchi au montage financier d’un projet d’une telle ampleur ?

Je me suis d’abord préoccupée de la manière de réaliser l’œuvre techniquement. Beaucoup de gens ont mis à contribution leurs efforts et leurs talents pour la réussite du projet. De merveilleux ingénieurs de l’espace, de l’aéronautique, des astrophysiciens ont permis de passer les premières étapes avec succès : simulations terrestres, essais dans la stratosphère, puis récemment l’envoi, grâce à notre participation à un vol surSpaceX, pour tester Vitae en microgravité dans la Station Orbitale Internationale (ISS). L’expérience a été réalisée avec succès par l’astronaute français de l’ESA, Thomas Pesquet.

Je suis convaincue que l’achat de notre place, pour à peine 1,5 kg, à bord d’une des prochaines missions scientifiques à destination de la Lune trouvera son financement grâce à l’élan positif et à l’intérêt porté à cette œuvre.

Nous préparons d’ailleurs pour l’automne une campagne de financement participative (crowdfunding) dans ce but. Chacun peut faire partie de cette grande aventure artistique et humaine, en laissant l’empreinte de sa main sur Vitae, pour être tous unis dans un même élan vital.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.